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Bulletin municipal

Chaque année nous éditons un nouveau numéro de notre bulletin municipal « Vivre à Plounérin », en breton « Bevan e Plounerin ».

En attendant la prochaine parution, nous vous laissons vous plonger dans nos archives.

Bonne lecture !

■ Edition 2018 - Il y a 50 ans que s’est-il passé? (rubrique à déplier - cliquer sur la petite flèche)

Comme indiqué dans l’édition 2018 du bulletin municipal, voici la rétrospective de "Mai 68".

Chronique d’une contestation des étudiants puis celle du monde ouvrier, ou encore l’effet conjugué de la fin des ’’Trente Glorieuses’’ et d’un sentiment de lassitude de l’opinion publique à l’égard de la République Gaullienne.

22 Mars

C’est l’arrestation de quelques étudiants, qui manifestent devant ’’l’American Express’’ pour dénoncer l’impérialisme américain qui sévit à leurs yeux dans une guerre qui oppose les États-Unis au Viêt Nam, qui va déclencher les événements de Mai 68.
Un mouvement, dénommé ’’Mouvement du 22 Mars’’ à tendance anarchiste va voir le jour sous l’égide de Daniel Cohn-Bendit. S’ensuit l’occupation de la faculté de Nanterre. Des étudiants défient les autorités, des incidents se multiplient et le doyen de la faculté décidera de suspendre les cours. Dès lors, nous assisterons à l’escalade de la contestation estudiantine et sociale de MAI 68. Tout au long de cette période d’agitation d’autres meneurs émergeront : Alain Gesmar et Jacques Sauvageot pour ne citer qu’eux.

3 Mai

L’insurrection se propage à la Sorbonne où se tient un meeting de protestation, puis dans les rues du Quartier Latin.
La police à la demande du recteur d’Académie, Jean Roche, évacue la Sorbonne mais les étudiants résistent et dressent des barricades.
De nombreux accrochages, échauffourées marqueront ce jour. Les contestataires répondent par des jets de pavés et de cocktails Molotov à l’utilisation des grenades fumigènes et lacrymogènes par les forces de l’ordre.
Il en découlera des arrestations et quelques jours plus tard le ministre de l’Education Nationale Alain Peyrefitte interviendra pour tenter d’apaiser les tensions : ’’Dire oui au dialogue constructif et non à la violence. Il faut mettre fin à l’escalade ; il faut avant tout dépassionner, ramener le sang-froid, faire revenir le calme’’. Sans doute avait-il sous-estimé la contestation ?

10 Mai

Après une journée de troubles, l’agitation est à son comble et débouche à la ’’Nuit des barricades’’. Les étudiants et les CRS s’affrontent violemment dans les rues : voitures incendiées, rues dépavées, vitrines brisées et l’on déplore des centaines de blessés de part et d’autre. Le pays est stupéfait et l’agitation étudiante, jusque là isolée, rencontrera alors la sympathie d’une grande partie de l’opinion publique.

13 Mai

Les syndicats ouvriers (CGT, CFDT) déclenchent une grève générale et appellent à rejoindre les étudiants qui manifestent depuis le début du mois. Une grande manifestation va donc se dérouler à travers Paris contre De Gaulle. Les manifestants dénoncent aussi la société de consommation et le chômage inhérent au régime capitaliste. L’occasion est trop belle pour le secrétaire général de la CGT Georges Séguy pour prendre la tête du front de la contestation. Petit à petit la CGT prendra ses distances avec les mouvements insurrectionnels des étudiants. Les syndicats ont donc pris la relève des étudiants . L’agitation de rue, les consignes d’insurrection ont fait place aux mots d’ordre revendicatifs et aux occupations d’usines. L’épreuve de force est enclenchée, les grèves vont donc s’étendre, la tentation d’instrumentaliser ces événements par les différents partis politiques est pour le moins palpable.

Depuis ce 13 Mai l’action syndicale n’a fait que de se durcir de jour en jour et les grèves avec occupations des locaux se sont multipliées (aux usines Renault par exemple). La grève touche désormais tous les secteurs industriels, tous les secteurs publics, toutes les entreprises nationalisées. L’activité du pays est paralysée, la GGT déclarait : "Pas de reprise du travail avant satisfaction totale de nos revendications’’

19 Mai

De retour d’un voyage en Roumanie, le Général De Gaulle déclara devant les responsables des forces de l’ordre ’’Les réformes oui, la chienlit non !’’

24 Mai

Lors d’une allocution télévisée le Général De Gaulle annonce la tenue d’un référendum qui sera mal accueilli par l’opinion. Dans la nuit du 25 Mai de nouvelles barricades sont dressées. Deux personnes décéderont dans les incidents de la nuit : un commissaire de police à Lyon, renversé par un camion et un jeune homme à Paris victime d’un éclat de grenade dans le cœur.

25 Mai au 27 Mai

Le Premier ministre Georges Pompidou avec à ses côtés Jacques Chirac préside les négociations tripartites : gouvernement, patronat, syndicats au ministère des Affaires Sociales, rue de Grenelle. Les accords de Grenelle prévoient notamment l’augmentation du SMIG (salaire minimum) de 25%, des salaires de 10% et la réduction du temps de travail. Mais pour la base ouvrière le compte n’y est pas et la grève générale va donc se poursuivre. Les négociations se trouvent dans l’impasse et la crise sociale de Mai 68 débouche sur une crise politique.

28 Mai

A l’appel de l’UNEF, PSU, CFDT un meeting eut lieu au stade de Charléty. A noter que Pierre Mendes France assistait à cette manifestation.

Lors d’une conférence de presse François Mitterrand souhaite le départ du Général De Gaulle, du premier ministre et de son gouvernement. Il se propose comme chef de gouvernement provisoire dont la mission sera de 3 ordres :

  • Remettre l’État en marche
  • Répondre aux justes revendications des divers groupes socio-professionnels
  • Organiser les conditions pratiques de l’élection présidentielle puis le renouvellement de l’Assemblée Nationale
Le ministre de l’Éducation Nationale Alain Peyrefitte démissionne.

29 Mai

Nouvelle manifestation de la CGT qui demande la formation d’un gouvernement populaire. Le Général De Gaulle quant à lui ’’disparaîtra’’ des radars nationaux pour se rendre à Baden-Baden pour y rencontrer le Général Massu.

30 Mai

Allocution radiotélévisée du Général De Gaulle : ’’Étant le détenteur de la légitimité nationale et républicaine, j’ai envisagé depuis 24 heures toutes les éventualités sans exception qui me permettent de me maintenir, je ne me retirerai pas...’’ Il annonce la dissolution de l’Assemblée Nationale et l’ajournement du référendum. Il appelle à une manifestation pour soutenir le pouvoir en place et sera entendu . Une manifestation défilera sur les Champs Élysées, une véritable marée humaine, pour apporter son soutien au Chef de l’État.

23 et 30 Juin

A ces dates eurent lieu les élections législatives qui donneront la majorité absolue aux gaullistes (UDR) . Ils obtiennent 293 sièges sur 487 possibles.

10 Juillet

Maurice Couve de Murville devient Premier ministre, en remplacement de Georges Pompidou et forme un nouveau gouvernement.

Georges Pompidou n’est pas pour autant remercié, au contraire, il est promu dauphin du Président qui voit en lui le candidat naturel à sa succession à l’Élysée. Mais quand le Général De Gaulle décidera-t-il de prendre la route de Colombey ?

Les événements de Mai 68 sont donc terminés au lendemain du scrutin législatif. De Gaulle semble être le grand vainqueur mais ne bénéficiera en fait que d’une année de sursis. Quant aux ouvriers, ils ont obtenu des résultats probants lors des accords de Grenelle. Les étudiants, à l’origine du mouvement, peuvent apparaître comme les grands perdants. En réalité, leur action a fait sauter de nombreux verrous et entrer la France dans la voie de la modernisation.

Et pour la petite histoire, cela ne vous aura pas échappé, ’’Dany le Rouge’’ est depuis cette période passé ’’Aux Verts’’.


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